« De l’observation à l’inscription : les savoirs sur l’Amérique entre 1600 et 1830

dans les textes d’expression française »

 

Musée de Pointe-à-Callière, Montréal, 31 mai – 1er juin 2013

 

PROGRAMME

 

 

Vendredi 31 mai – Ecrire l’histoire américaine : de l’archive au texte

 

 

9h00 : Accueil des participants, introduction

 

 

La parole missionnaire

 

1. Présidents : Allan Greer (McGill) et Ollivier Hubert (Montréal)

 

9h30 : « Missions jésuites en Nouvelle-France et martyrologie au XVIIe siècle : du récit à la gravure » - Adrien Paschoud (Lausanne – FNS)

 

9h45 : « Le Manuscrit de 1652 sur les martyrs canadiens : en deçà d’une perspective hagiographique et ethnographique » - Muriel Clair (Montréal)

 

10h00 : « Paul Ragueneau et le Manuscrit de 1652 : entre responsabilité institutionnelle et parcours personnel » - Adina Ruiu (Montréal)

 

10h15-10h30  pause

 

10h30-12h00 : discussion des articles

 

 

12h00-14h00 : pause déjeuner

 

 

Les sources, entre oblitération et invention

 

2. Président : Jean-Pierre Le Glaunec (Sherbrooke)

 

14h00 : « Les silences de l’archive : processus de fabrication et de validation du savoir dans le Voyage à la Martinique de Thibault de Chanvallon (1761)  » - Alexandre Dubé (St. Louis) et Nathalie Vuillemin (Neuchâtel)

 

14h15 : « French Sources on the Villasur Massacre of 1720 » - Gordon Sayre (Oregon)

 

 

14h30-15h45 : discussion des articles

 

 

18h30 repas du soir

Samedi 1er juin – la fabrique du savoir : lecture et appropriation du territoire

 

De la réalité au texte : négociations rhétoriques et systématisations

 

3. Présidente : Carolyn Fick (Concordia)

 

9h15 : « Planter’s Manuals of the 18th-Century French Caribbean » - April G. Shelford (American University, Washington DC)

 

9h30 : « De l’observation botanico-météorologique à l’imprimé (et inversement) chez J.-F. Gaultier et H.-L. Duhamel du Monceau (Québec/Denainvilliers, années 1740) » - Thomas Wien (Montréal)

 

9h45-10h45 : discussion des articles

 

 

10h45-11h00 : pause

 

 

4. Présidente : Catherine Desbarats (McGill)

 

11h00 : « De l’intelligibilité des cartes de la Nouvelle-France, ou les obstacles à la circulation des savoirs géographiques » - Jean-François Palomino (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)

 

11h15 : « Sciences comparatives des religions : les Mœurs de Lafitau (Paris, 1724) et les Cérémonies de Picart (Amsterdam, 1723-1743) » - Andreas Motsch (Toronto)

 

11h30-12h30 : discussion des articles

 

 

12h30-14h00 : pause déjeuner

 

 

La résistance du territoire

 

5. Présidente : Anya Zilberstein (Concordia)

 

14h00 : « Knowing through Taming : Domestication as a Site of Encounter in Colonial French North America » - Christopher M. Parsons (University of Pennsylvania)

 

14h15 : « The Order of the New World : Sexuality, Violence and Nature in the Early French Franciscan Accounts of Maragnan, Brazil » - Jordan Kellman (University of Louisiana at Lafayette)

 

14h30-15h30 : discussion des articles

 

15h30-15h45 : pause

 

15h45-17h00 : synthèse d’ensemble et conclusions.

 

19h00 repas du soir


 

Les résistances à l’esclavage dans le monde atlantique français à l’ère des Révolutions (1750-1850), Montréal, 3-4 mai 2013

 

Atelier organisé par le Groupe d'histoire de l'Atlantique français, en collaboration avec le Haiti Lab (Duke University) et le Centre international de recherches sur les esclavages (CNRS)

 

Organisateurs : Carolyn Fick, François Furstenberg, Jean-Pierre Le Glaunec

 

 

Détails importants

 

 

La conférence aura lieu à Thompson House : 3650 Rue McTavish, Montréal, QC, H3A 1Y2

Lien vers le plan http://goo.gl/maps/xYgyo

 

L’hôtel est le Marriott Residence Inn Downtown Montreal 

2045 Peel Street

Montreal, Quebec

H3A 1T6

Canada

Téléphone 1-514-982-6064

Site: http://www.marriott.com/hotels/travel/yulri-residence-inn-montreal-downtown/

Lien sur une carte : http://goo.gl/maps/CMa51

 

Les chambres ont été réservées pour trois nuits (2, 3 et 4 mai).

 

Idéalement, les textes (maximum 5 000 mots) devraient être envoyés environ une semaine avant l’atelier. Il serait souhaitable de limiter le plus possible l’appareil de notes.

 

 

Programme prévisionnel :

  

Vendredi 3 mai

 

Ouverture de l’atelier (9h30) 

 

Séance 1 (10h00-11h45) : Dissidence, résistance et révolution

 

1. Sophie White, Notre Dame University, « Voicing Resistance in the French Atlantic and Indian Oceans»

2. Julia Gaffield, Duke University, « ‘This country will stand like St. Domingo’ : Conspiracies for Revolution in Jamaica »

3. Deborah Jenson, Duke University, « Les cicatrices de Dessalines »

 

Séance 2 (13h30-15h15) Le cas particulier des résistances d’esclaves à Saint-Domingue

 

4. John Garrigus, University of Texas at Arlington « ‘Le secret qui règne parmi les nègres’ : Revisiting the Testimony of Makandal and his ‘Accomplices’, 1757-1758 »

5. Christina Mobley, Duke University, « ‘Kongo, Kongo, help me cry : Central Africans in Saint Domingue »

6. Charles Forsdick, University of Liverpool, « Refiguring Resistance : Historiography, Fiction, and the Afterlives of Toussaint Louverture »

 

Séance 3 (16h00-17h15) Résistance? Ou comment (et pourquoi) repenser et refonder le concept

 

7. Jessica Johnson, Africana Research Center, Penn State University, « Intimacy, Mobility, and Resistance : Free Women of African Descent in the French Atlantic World »

8. Sue Peabody, Washington State University Vancouver, « Are Freedom Suits a Form of Resistance? When is the Personal Political? »

 

9. Conférence plénière (17h30): Jane Landers, Vanderbilt University, « A View from the Oher Side : Spanish Sources on the Slave Revolt in Saint Domingue »

 

Samedi 4 mai

 

Séance 4 (09h30-11h30) Historiographie, représentations et facteurs de continuité dans les Antilles françaises

 

10. Jean-Pierre Le Glaunec, Université de Sherbrooke, « Le paradigme des résistances d’esclaves vu de France »

11. Myriam Cottias, CIRESC, EHESS, « Mai 1848 dans les Antilles françaises : une révolte d’esclaves? »

12. Éric Mesnard, CIRESC, IUFM Créteil-Paris 12, « Les représentations  des « nègres marrons : quelques pistes pour contribuer à l’enseignement de l’histoire de l’esclavage colonial »

13. Céline Flory, CIRESC, EHESS, « L’expérience de la liberté et du système colonial dans le choix de son mode de résistance : le cas des Africains ‘engagés’ et ‘enrôlés’ aux Antilles et à la Guyane, 1848-1867 »

 

Séance 5 (13h00-15h00) Les résistances d’esclaves face aux humanités numériques

 

14. Valérie Beaudouin, Télécom ParisTech, « Text Mining for Pattern Discovery in Fugitive Slave Notices »

15. Léon Robichaud, Université de Sherbrooke, « La technologie au service de l’histoire : le cas des annonces de fuite d’esclaves à Saint-Domingue »

 

Ces deux présentations seront suivies d’une discussion et d’une présentation de différentes plateformes de sources en ligne. 

 

16. Conférence de clôture (15h30) : Paul Lovejoy, York University, « Jihad in West Africa during the Age of Revolution: Towards a Dialogue with Eric Hobsbawm and Eugene Genovese »

 

(Rappel du texte de cadrage)

La question des résistances d’esclaves dans le monde atlantique est au cœur de l’histoire sociale et culturelle de l’esclavage depuis les cinquante dernières années, marquées par une multitude de travaux. Citons pour le monde anglophone – nord-américain et caribbéen -- les recherches de Eugene Genovese, Michael Mullin, Michael Craton, Sylvia Frey, Hilary Beckles, John Hope Franklin, et plus récemment Anthony Kay, Timothy Lockley, Walter Johnson ou encore Stephanie Camp. Certains aspects de l’histoire des résistances serviles dans les Antilles françaises ont été analysés par Gabriel Debien, Jean Fouchard, Yvan Debbash, David Geggus et Carolyn Fick dans les années 1970 à 1990 (voir aussi Fallope, Tomich, Moitt, Élisabeth). Les travaux les plus récents incluent ceux de John Garrigus sur la révolte de Makandal et de Jeremy Popkin sur la nature du rôle exact joué par les esclaves dans l'abolition de l'esclavage à Saint-Domingue en 1793. Les autres sociétés esclavagistes des Amériques, hispanophones ou lusophones (Conrad, Childs, Paquette, Schwartz, Bastide, Reis), sans oublier la Nouvelle-France (Mackey, Beaugrand-Champagne, Cooper) ont également donné lieu à de nombreux travaux. Des résistances quotidiennes, physiques, culturelles ou symboliques, à la lutte armée, les historiens ont brossé un portrait relativement complet des différentes stratégies adoptées par les esclaves pour survivre et négocier des zones toujours vulnérables de liberté au sein même, ou à l’extérieur, de l’institution esclavagiste.

 

Les débats historiographiques sont pourtant loin d’être clos (voir la controverse entourant la révolte de Denmark Vesey inaugurée par l'article de Michael Johnson publié dans le William and Mary Quarterly en 2001 et les débats qui ont suivi la publication du livre de Daniel Rasmussen sur l'insurrection de 1811 en Louisiane, American Uprising). Certaines sources résistent à l’analyse ; d’autres attendent d’être considérées ou lues sous un angle nouveau. Le concept même de résistance ne fait pas l'unanimité auprès des historiens. Certains spécialistes de l'esclavage ont proposé de distinguer, dans la foulée des travaux de Michel de Certeau, des « tactiques d'opposition », généralement mineures et la plupart du temps d'ordre culturel, des « stratégies de résistance » proprement dites, souvent violentes et visant à modifier les rapports de pouvoir de l'extérieur du système (Burton, Bernard). Cette proposition de recentrage conceptuel s’inscrit plus largement dans une historiographie à tendance révisionniste (par ex. : Drescher et Emmer, Geggus) mettant de plus en plus l’accent sur le déséquilibre des rapports de pouvoir et rappelant la situation de violence et de terreur dans laquelle vivaient les esclaves. Anthony Kaye va jusqu’à proposer dans un livre récent de remplacer le concept de résistance par l’expression « terrains of struggle », mieux à même selon lui de décrire les tensions propres aux sociétés esclavagistes. Il existerait pour d'autres une équation entre l'immense richesse et créativité de la culture noire et la notion même de résistance (Frey, Morgan, Buckridge, Rucker). L'autonomie culturelle des esclaves, leur capacité à s'approprier et à transformer les espaces et symboles du maître (Sidbury) seraient le signe indiscutable de leur succès à refuser les présupposés du système esclavagiste. Résister passerait par l'accumulation de « petites victoires » (Morgan). Selon les historiens adeptes de cette approche, les esclaves seraient, pour reprendre et adapter les mots de Natalie Davis dans Slaves on Screen. Films and Historical Vision, « flesh-and-blood human beings with some agency, shaped by the distinstive circumstances and values of their times, sometimes accomodating, sometimes resisting, sometimes suffering, sometimes escaping, sometimes changing things and trying something new ».

 

Tout en s’inscrivant dans l’historiographie générale des résistances d’esclaves dans le monde atlantique et tout en gardant la possibilité d’établir des comparaisons avec les sociétés esclavagistes anglophones, hispanophones ou lusophones sur toute la période de l’esclavage, l’atelier projeté portera sur les sociétés esclavagistes du monde atlantique français à l’ère des Révolutions (1750-1850), une période actuellement au cœur de nombreux travaux d’historiens de part et d’autre de l’Atlantique. L’objectif premier de l’atelier est de faire le point sur une historiographie souvent mal connue à l’extérieur du monde des spécialistes francophones, d’en situer l’évolution sur les cinquante dernières années, et de comprendre les raisons de son développement relativement limité comparé aux travaux portant, notamment, sur les sociétés esclavagistes anglophones. Comment les esclaves résistent-ils dans le monde atlantique français entre le milieu des années 1750 et l’abolition de l’esclavage en 1848 ? Comment les autorités cherchent-elles à contrôler et à endiguer leurs actes de résistance ? Comment cherchent-elles notamment à quadriller et à surveiller les espaces marginaux, ruraux et urbains, de leur société respective ? Quel impact eurent les diverses formes de marronnage à l’ère des Révolutions ? Sur quels types de solidarités (ethnique, de genre, de classe etc.) s’appuient les esclaves pour faire entendre leur voix ou pour contester un aspect de leur existence ? Quels rôles jouent les résistances culturelles comme la danse, la musique, les pratiques vestimentaires ou encore les performances corporelles ? Comment le concept de résistance a-t-il été utilisé par les historiens des sociétés esclavagistes francophones ? Quelles sources originales restent-ils à envisager pour mieux mettre de l’avant l’action des hommes et des femmes qui, de diverses manières, s’opposèrent, contestèrent ou négocièrent un ou plusieurs aspects de leur condition ? Quelles comparaisons faudrait-il développer au sein du monde atlantique français ? Quels corpus constituer ? Comment renouveler durablement ce champ historiographique et mieux l’arrimer à une histoire transnationale des résistances d’esclaves ? La variété des questions à envisager reflète la multiplicité des situations possibles, toutes, influencées par des facteurs de nature diverse, internes ou externes, comme l’intensité de la traite négrière, la topographie, les conflits impériaux (voir l’occupation de la Martinique), les ratios hommes/femmes, Créoles/Africains.

 

Un aspect important de la réflexion portera sur le rôle que les humanités numériques ont – et pourraient avoir – dans la redéfinition de l’histoire des résistances d’esclaves en général et dans le renouvellement des questionnements et des pratiques des historiens du monde atlantique français en particulier. Comment certains corpus de sources, apparemment bien connues, peuvent-ils être questionnés différemment, et de manière fructueuse, grâce à la multiplication des outils numériques (comme le text mining), à la mise en place de grande bases de données et à la numérisation intensive de certaines sources ? Dans quelle mesure semble-t-il aujourd’hui envisageable de penser une histoire numérique des résistances d’esclaves dans le monde atlantique français ? Comment se servir de ce nouveau champ d’étude pour mieux diffuser l’histoire de l’esclavage et combler par la même occasion un écart toujours important entre la communauté des chercheurs et le grand public ? Quels problèmes méthodologiques les historiens seront-ils amenés à résoudre au contact des outils numériques ?

Cet aspect de la réflexion s’appuiera en partie sur le site Internet développé par le Groupe d’histoire de l’Atlantique français depuis l’été 2009 (« Le marronnage à Saint-Domingue : histoire, mémoire, technologie »). Ce site a suscité et suscite un intérêt croissant auprès des chercheurs, débutants ou confirmés, et du grand public qui ont à leur disposition un nombre croissant de plateformes électroniques sur l’histoire de l’esclavage. Sans pour autant favoriser, du moins pour le moment, la création de contenus générés par des utilisateurs non spécialistes, ces sites – du réseau mis en place par Gwendolyn Hall et Walter Hawthorne [Atlantic Slave Database Network] aux bases de données préparées sous l’égide d’Eurescl, du Harriet Tubman Center, sans oublier le Ecclesiastical and Secular Sources for Slave Societies Project récemment mis en ligne – sont appelés, sur le court et moyen terme, à transformer durablement les recherches en histoire de l’esclavage. En effet, les outils numériques d’analyse du discours permettent désormais de découvrir des schémas linguistiques que l’humain ne peut repérer seul dans un corpus de plusieurs dizaines de milliers de mots. De telles analyses peuvent ensuite mener à de nouvelles questions de recherche. La spatialisation des données (origines ethniques, lieux de résidence, lieux fréquentés) peut aussi faire émerger de nouvelles possibilités d’analyse. Enfin, l’existence même de grands corpus rend possible des croisements qui étaient autrefois inimaginables.


 

Conférencier: Malick Ghachem

(University of Southern Maine)

The Law of Slavery and the Language of Rights: Adaptations of the Code Noir in the Era of the Haitian Revolution.

Vendredi, 18 Janvier, 2013
16h à 18h
Université Concordia

 


 

Conférencier: Lawrence Powell

(Tulane University)

The Accidental History of an Accidental Book.

Vendredi, 12 Avril, 2013
16h à 18h
Université McGill

 


 

1774 : L’Acte de Québec. Contextes transnationaux, interprétations et héritages – Appel de communications

3 – 5 Octobre, 2013

Montréal, Québec

Pour plus d’informations, consultez: http://oieahc.wm.edu/conferences/quebec/callpaper_french.html


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Crédits

Le Groupe d’histoire de l’Atlantique français est soutenu par la Fonds québecois de la recherche sur la société et la culture

Les illustrations de ce site ont été gracieusement fournies par la Bibliothèque des collections spéciales et des livres rares de l’Université McGill.

Date de dernière modification

15 Octobre 2017